|
1721-1871
Une prison au milieu de la mer
Au fur et à mesure du déclin du port de Morlaix,
la défense de la Baie ne constitue plus un enjeu stratégique
majeur et la mission militaire assignée au château
du Taureau devient définitivement dissuasive.

Dès 1721 le château est utilisé comme
prison.
|
 |
Aussi
dès 1721, avant même son complet achèvement,
la forteresse est détournée de sa vocation
initiale et utilisée comme prison.
L'endroit, perdu au milieu de la mer, offre, il est vrai,
un maximum de garanties en terme de sécurité.
Ceint d'une double barrière granite et liquide,
le Taureau désespère toute tentative d'évasion.
Ceux qui s'y risquent peuvent connaître un funeste
destin, comme le détenu Sébastien Trévou,
mort noyé en 1793.
Qui sont les prisonniers ? Sous l'Ancien Régime,
la plupart des reclus sont des aristocrates bretons emprisonnés
sur ordre du Roi par " lettres de cachet ",
à la demande le plus souvent de leurs propres familles,
soucieuses d'éviter le déshonneur. Le libertinage,
une mésalliance, la folie, un goût immodéré
pour l'alcool ou le jeu peuvent assurément conduire
à un séjour forcé au fort du Taureau,
dans l'une des 11 cellules spécialement aménagées.
Les frais de subsistance des prisonniers sont couverts
par les familles qui versent une pension pour la nourriture,
l'habillement ou le blanchissage. Quand elles ne s'acquittent
pas de leur dette, le détenu est tout bonnement
relâché
La surveillance des prisonniers est confiée à
une compagnie détachée d'invalides, composée,
suivant les époques, de 13 à 60 soldats
en fin de carrière, déclarés inaptes
au combat en raison de leur santé déficiente
ou de leur grand âge.
|

Au nombre de dix en moyenne, les prisonniers sont autorisés
à circuler librement à l'intérieur
du fort avant de regagner le soir leur cellule de 14 M2. |
A la Révolution, sous la direction de l'artillerie de
Brest, le château demeure une prison : seul change le
profil des prisonniers " embastillés ". Des
nobles, des prêtres réfractaires, des Girondins
puis des Montagnards y sont détenus. Non plus qu'ils
portent atteinte aux bonnes murs mais plutôt qu'ils
propagent des idées jugées hostiles par le nouveau
pouvoir. Dès lors, les hôtes d'infortune qui se
succèderont au Taureau, se distingueront tous par le
caractère politique de leur incarcération. Le
dernier à y séjourner fut le célèbre
communard Louis Auguste Blanqui en 1871.
|